Quand ils ont débarqué, avec leur chapiteau et leur énergie collective, les saltimbanques ont sorti le grand jeu, comme à leur habitude. Mais aujourd’hui ils n’ont pas
eu l’autorisation d’ouvrir, parce que «franchement on a bien d’autre choses à faire que d’aller voir des guignols faire les marioles» ont dit les autorités. Mais pourtant
ils sont là, prêts à partager musiques et poésie de la vie, numéros et autres magies, bien loin de leur ailleurs qui resurgit en même temps que l’interdit.
Alors, que faire face à l’absurde et comment décider quand il n’y a pas de chef? A quel prix ont ils déjà payé leur liberté? La troupe est prête à en découdre et dans
leur petit refuge de fortune, tout est encore possible (grâce à leur incroyable équipage), alors que le spectacle commence!
Cette troupe là, elle brille de mille feux.
Depuis des années, musiciens et saltimbanques entourbillonnent le public
dans une joie contagieuse. Ce petit cirque magnifique va de ville en ville, trimballant sa caravane colorée et sa tribu polymorphe d’artistes authentiques et cabossés. Leur univers est un refuge, une bulle protectrice dans laquelle le public vibre, et où chaque protagoniste s’est réinventé. Mais, depuis quelques temps, autour, ça se durcit. Le régime du Général Poutch remet de l’ordre dans le pays et on ne s’évade pas comme ça. Ni dans les jambes, ni dans les têtes. Il y a des cernes sous les paillettes.
Ce soir, sous leur petit théâtre itinérant, l’ambiance est tendue. La sentence est sur le point de tomber: Il n’ont plus le droit de jouer. Et l’homme canon a disparu. Cela ne lui ressemble pas. Ils ont décidé de jouer quand même. Mais à quel prix? Les avis divergent, les peurs se frottent, les passé ressurgissent. Pas si simple de garder les coudes serrés quand on a des nœuds dans le ventre. La menace grandit, ils vont arrivés c’est sûr, ceux qui viennent pour tout arrêter. Mesdames et messieurs, même si cette fois n’est plus coutume: Que le spectacle commence!

