Sortie prévue en mars 2023

 

J’aurais pas fait comme ça,

une phrase tant de fois pensée, émise du bout des lèvres, balancée avec véhémence ou articulée avec pincettes. Une phrase typique de collectif, de tribu, de famille, de groupe. Une phrase qui fait grincer des dents et qui ne fait pas toujours avancer le « shmilblick ». Faire avec les autres, ça n’est pas si simple. Savons-nous encore nous laisser surprendre, nous laisser mener ?

 

Telle est la thématique du nouveau spectacle de la Compagnie OCUS qui a bientôt 20 ans. Le noyau dur qui est là depuis toujours a alors décidé d’aller creuser un peu, de gratter ce qui les tient et les retient dans le faire ensemble. Et parce qu’en ces temps de repli sur soi, il lui paraît urgent de rendre hommage à la tentative et aux élans collectifs.

 

Tout au long de la période de création, un groupe d’habitants spectateurs complices a suivi les étapes de travail. Ses retours et regards ont permis à l’équipe d’affiner le propos et de faire des choix parmi les propositions artistiques présentées à chaque séance. 

L'écriture étant collective, la note d'intention sera chorale.

 

Claire :
« J'aurais pas fait comme ça », une phrase tant de fois pensée, émise du bout des lèvres, balancée avec véhémence ou articulée avec pincettes. Une phrase typique de collectif, de tribu, de famille, de groupe. Une phrase qui fait grincer des dents et qui ne fait pas toujours avancer le « shmilblick ». Faire avec les autres, ça n’est pas si simple. En cette ère où l’on donne son avis sur des forums, où l’on se note entre nous, où l’on prend position sur tout, tout le temps, est-ce qu’on sait encore se retirer, se retenir, suivre ? Est-ce qu'on sait se laisser surprendre, se laisser mener ?

 

David :
Et comme nous ne pouvons pas nous taire, comme il faut en parler, de ceux qui prennent trop de place, tout comme de ceux qui n'en prennent pas. Comme il faut voir ceux qui, avec leurs manières de faire, s'emparent du monde en étouffant les autres. Et comme il ne faut pas laisser les idées trop simples s'installer, et comme nous sommes là pour ça, nous allons le faire mais pas comme ça. C'est complexe tout cela, il faut varier les plans de... comme une belle pâte qui finira par lever et parler à toutes et...

 

Benoît :
Ça tergiverse, ça pense l'inverse, ça se dispute et ça rediscute, y'a des bas, y'a des hauts, ça fait le yoyo, les arguments fusent, les cerveaux fument, toutes les idées sont bonnes, tous les chemins mènent ta Rome et on va où ? On ne sait jamais vraiment où on va ? C'est des endroits qu'existent pas. Aller, on le tente, on verra bien, là où ça nous chante, la troupe nous tient...

 

Camille :
On respire bien ensemble, inspiration, expiration, inspiration, expiration... Qui respire à côté ? Il y a quelqu'un qui a respiré de travers... On reprend, tous ensemble... Qui a arrêté de respirer ? Ça se fait pas ! Et voilà, il est mort, je l'avais prévenu de suivre la consigne...
Comment on fait pour les obsèques ? Qui s'oc- cupe de l'épitaphe ? Personne ? On aurait qu'à mettre : « il ne faisait pas comme les autres, les autres ne faisaient pas comme lui. »
Une autre idée ?

 

Anna :
...Ben avec tout ce que vous avez écrit, je ne sais plus trop quoi rajouter... Je trouve ça super... moi j'avais écrit ça, mais ça redit moins bien ce qui est dit plus haut... « J'aurais pas fait comme ça... » C'est devenu un terme générique, une blague qui per- met de désamorcer, qui rappelle à chacun que pour fonctionner ensemble il faut mettre un peu d'eau dans son vin... que pour avancer à plusieurs il faut parfois ravaler son égo, accepter que son idée n'est pas la meilleure, ou laisser à l'autre la place d'exister lui aussi...

 

Yann-Sylvère :
Mais sans vous je ne l'aurais pas fait. Je n'aurais pas fais ça... Tout ça. Alors je peux vous maudire et vous remercier. Je peux vous embrasser et vous renier. Je peux vous quitter et vous retrouver. À la vie à la mort. Savoir que tout peut s'arrêter, c'est aussi sa- vourer chaque instant à vos côtés. Sans y réfléchir, chemin faisant. Alors en route !